—Et monsieur de Cagliostro habite précisément en face.
—Et vous supposez?...
—Que s'il y a eu un secret pour l'un ou pour l'autre de ces deux voisins, le secret doit appartenir à l'un et à l'autre. Mais pardon, madame, voici bientôt l'heure à laquelle j'attends à Paris monsieur de Cagliostro, et pour rien au monde je ne voudrais retarder ces explications....
—Allez, monsieur, allez, et encore une fois soyez assuré de ma reconnaissance.
—Voilà donc, s'écria-t-elle tout en pleurs, quand monsieur de Crosne fut parti, voilà une justification qui commence. Je vais lire mon triomphe sur tous les visages. Celui du seul ami auquel je tienne à prouver que je suis innocente, celui-là seul, je ne le verrai pas!
Cependant, monsieur de Crosne volait vers Paris, et rentrait chez lui, où l'attendait monsieur de Cagliostro.
Celui-ci savait tout depuis la veille. Il allait chez Beausire, dont il connaissait la retraite, pour le pousser à quitter la France, quand, sur la route, entre les deux agents, il le vit dans la carriole. Oliva était cachée au fond, toute honteuse et toute larmoyante.
Beausire vit le comte qui les croisait dans sa chaise de poste; il le reconnut. L'idée que ce seigneur mystérieux et puissant lui serait de quelque utilité changea toutes les idées qu'il s'était faites de ne jamais abandonner Oliva.
Il renouvela aux agents la proposition qu'ils lui avaient faite d'une évasion. Ceux-ci acceptèrent cent louis qu'il avait, et le lâchèrent malgré les pleurs de Nicole.
Cependant, Beausire en embrassant sa maîtresse lui dit à l'oreille: