Beausire faillit s'évanouir.

—Sauvez-la, sauvez-la, dit-il en tombant à deux genoux dans le carrosse, et je vous la donnerai si vous l'aimez toujours.

—Mon ami, répliqua Cagliostro, vous êtes dans l'erreur, je n'ai jamais aimé mademoiselle Oliva; je n'avais qu'un but, celui de la soustraire à cette vie de débauches que vous lui faisiez partager.

—Mais... dit Beausire, surpris.

—Cela vous étonne? Sachez donc que je suis l'un des syndics d'une société de réforme morale, ayant pour but d'arracher au vice tout ce qui peut offrir des chances de guérison. J'eusse guéri Oliva en vous l'ôtant, voilà pourquoi je vous l'ai ôtée. Qu'elle dise si jamais elle a entendu de ma bouche un mot de galanterie; qu'elle dise si mes services n'ont pas toujours été désintéressés!

—Raison de plus, monsieur; sauvez-la! sauvez-la!

—J'y veux bien essayer; mais cela dépendra de vous, Beausire.

—Demandez-moi ma vie.

—Je ne demanderai pas tant que cela. Revenez à Paris avec moi, et si vous suivez de point en point mes instructions, peut-être sauverons-nous votre maîtresse. Je n'y mets qu'une condition.

—Laquelle, monsieur?