—Eh bien, monsieur le baron, que voyez-vous d'obscur là-dedans?

—Rien, monsieur; seulement le mot illimité...

—Eh bien, ce mot n'est-il pas français?... Vous comprenez, ce sont des Anglo-Allemands qui écrivent.

—Oh! si fait, monsieur, et du côté de la syntaxe il n'y a rien à redire, mais il n'en est pas de même du côté de la comptabilité.

—Est-ce que la maison Thomson et French, demanda Monte-Cristo de l'air le plus naïf qu'il put prendre, n'est point parfaitement sûre, à votre avis, monsieur le baron? diable! cela me contrarierait, car j'ai quelques fonds placés chez elle.

—Ah! parfaitement sûre, répondit Danglars avec un sourire presque railleur; mais le sens du mot illimité, en matière de finances, est tellement vague....

—Qu'il est illimité, n'est-ce pas? dit Monte-Cristo.

—C'est justement cela, monsieur, que je voulais dire. Or, le vague, c'est le doute, et, dit le sage, dans le doute abstiens-toi.

—Ce qui signifie, reprit Monte-Cristo, que si la maison Thomson et French est disposée à faire des folies, la maison Danglars ne l'est pas à suivre son exemple.

—Comment cela, monsieur le comte?