Puis, sur ce charmant ensemble, la fleur de la jeunesse était répandue avec tout son éclat et tout son parfum; Haydée pouvait avoir dix-neuf ou vingt ans.
Monte-Cristo appela la suivante grecque, et fit demander à Haydée la permission d'entrer auprès d'elle.
Pour toute réponse, Haydée fit signe à la suivante de relever la tapisserie qui pendait devant la porte, dont le chambranle carré encadra la jeune fille couchée comme un charmant tableau. Monte-Cristo s'avança.
Haydée se souleva sur le coude qui tenait le narguilé, et tendant au comte sa main en même temps qu'elle l'accueillait avec un sourire:
«Pourquoi, dit-elle dans la langue sonore des filles de Sparte et d'Athènes, pourquoi me fais-tu demander la permission d'entrer chez moi? N'es-tu plus mon maître, ne suis-je plus ton esclave?»
Monte-Cristo sourit à son tour.
«Haydée, dit-il, vous savez....
—Pourquoi ne me dis-tu pas tu comme d'habitude? interrompit la jeune Grecque; ai-je donc commis quelque faute? En ce cas il faut me punir, mais non pas me dire vous.
—Haydée, reprit le comte, tu sais que nous sommes en France, et par conséquent que tu es libre.
—Libre de quoi faire? demanda la jeune fille.