Noirtier, encore dans son fauteuil, attentif au moindre bruit, instruit par son vieux serviteur de tout ce qui se passait, fixait des regards avides sur l’entrée de la chambre; il vit Valentine, et son œil brilla.
Il y avait dans la démarche et dans l’attitude de la jeune fille quelque chose de grave et de solennel qui frappa le vieillard. Aussi, de brillant qu’il était, son œil devint-il interrogateur.
«Cher père, dit-elle d’une voix brève, écoute-moi bien: tu sais que bonne maman Saint-Méran est morte il y a une heure, et que maintenant, excepté toi je n’ai plus personne qui m’aime au monde?»
Une expression de tendresse infinie passa dans les yeux du vieillard.
«C’est donc à toi seul, n’est-ce pas, que je dois confier mes chagrins ou mes espérances?»
Le paralytique fit signe que oui.
Valentine prit Maximilien par la main.
«Alors, lui dit-elle, regarde bien monsieur.»
Le vieillard fixa son œil scrutateur et légèrement étonné sur Morrel.
«C’est M. Maximilien Morrel, dit-elle, le fils de cet homme négociant de Marseille dont tu as sans doute entendu parler?