Valentine chercha un instant dans son esprit, exprima tout haut ses pensées à mesure qu’elles se présentaient à elle, et voyant qu’à tout ce qu’elle pouvait dire le vieillard répondait constamment non:
«Allons, fit-elle, les grands moyens, puisque je suis si sotte!»
Alors elle récita l’une après l’autre toutes les lettres de l’alphabet, depuis A jusqu’à N, tandis que son sourire interrogeait l’œil du paralytique; à N, Noirtier fit signe que oui.
«Ah! dit Valentine, la chose que vous désirez commence par la lettre N! c’est à l’N que nous avons affaire? Eh bien, voyons, que lui voulons-nous à l’N? Na, ne, ni, no.
—Oui, oui, oui, fit le vieillard.
—Ah! c’est no?
—Oui.»
Valentine alla chercher un dictionnaire qu’elle posa sur un pupitre devant Noirtier: elle l’ouvrit, et quand elle eut vu l’œil du vieillard fixé sur les feuilles, son doigt courut vivement du haut en bas des colonnes. L’exercice, depuis six ans que Noirtier était tombé dans le fâcheux état où il se trouvait, lui avait rendu les épreuves si faciles, qu’elle devinait aussi vite la pensée du vieillard que si lui-même eût pu chercher dans le dictionnaire.
Au mot notaire, Noirtier fit signe de s’arrêter.
«Notaire, dit-elle; tu veux un notaire, bon papa?»