—Mais vous ne voyagerez pas toujours?

—Quand je n'en aurai plus besoin, Bertuccio les vendra, et il prétend qu'il gagnera trente ou quarante mille francs sur eux.

—Mais il n'y aura pas de roi d'Europe assez riche pour vous les acheter.

—Alors il les vendra à quelque simple vizir d'Orient, qui videra son trésor pour les payer et qui remplira son trésor en administrant des coups de bâton sous la plante des pieds de ses sujets.

—Comte, voulez-vous que je vous communique une pensée qui m'est venue?

—Faites.

—C'est qu'après vous, M. Bertuccio doit être le plus riche particulier de l'Europe.

—Eh bien, vous vous trompez, vicomte. Je suis sûr que si vous retourniez les poches de Bertuccio, vous n'y trouveriez pas dix sous vaillant.

—Pourquoi cela? demanda le jeune homme. C'est donc un phénomène que M. Bertuccio? Ah! mon cher comte, ne me poussez pas trop loin dans le merveilleux, ou je ne vous croirai plus, je vous préviens.

—Jamais de merveilleux avec moi, Albert; des chiffres et de la raison, voilà tout. Or, écoutez ce dilemme: Un intendant vole, mais pourquoi vole-t-il?