Cinq minutes après que la porte se fut refermée pour Morrel, elle se rouvrit pour Monte-Cristo.
Julie était à l'entrée du jardin, où elle regardait, avec la plus profonde attention, maître Peneton, qui, prenant sa profession de jardinier au sérieux, faisait des boutures de rosier du Bengale.
«Ah! monsieur le comte de Monte-Cristo! s'écria-t-elle avec cette joie que manifestait d'ordinaire chaque membre de la famille, quand Monte-Cristo faisait sa visite dans la rue Meslay.
—Maximilien vient de rentrer, n'est-ce pas madame? demanda le comte.
—Je crois l'avoir vu passer, oui, reprit la jeune femme; mais, je vous en prie, appelez Emmanuel.
—Pardon, madame; mais il faut que je monte à l'instant même chez Maximilien, répliqua Monte-Cristo, j'ai à lui dire quelque chose de la plus haute importance.
—Allez donc, fit-elle, en l'accompagnant de son charmant sourire jusqu'à ce qu'il eût disparu dans l'escalier.
Monte-Cristo eut bientôt franchi les deux étages qui séparaient le rez-de-chaussée de l'appartement de Maximilien; parvenu sur le palier, il écouta: nul bruit ne se faisait entendre.
Comme dans la plupart des anciennes maisons habitées par un seul maître, le palier n'était fermé que par une porte vitrée.
Seulement, à cette porte vitrée il n'y avait point de clef. Maximilien s'était enfermé en dedans; mais il était impossible de voir au-delà de la porte, un rideau de soie rouge doublant les vitres.