Morrel tira sa montre.

«Il est neuf heures, j'ai encore trois heures à vivre.

—Soit, répondit Monte-Cristo, venez.»

Morrel suivit machinalement le comte, et ils étaient déjà dans la grotte que Maximilien ne s'en était pas encore aperçu.

Il trouva des tapis sous ses pieds, une porte s'ouvrit, des parfums l'enveloppèrent, une vive lumière frappa ses yeux.

Morrel s'arrêta, hésitant à avancer; il se défiait des énervantes délices qui l'entouraient.

Monte-Cristo l'attira doucement.

«Ne convient-il pas, dit-il, que nous employions les trois heures qui nous restent comme ces anciens Romains qui, condamnés par Néron, leur empereur et leur héritier, se mettaient à table couronnés de fleurs, et aspiraient la mort avec le parfum des héliotropes et des roses?»

Morrel sourit.

«Comme vous voudrez, dit-il; la mort est toujours la mort, c'est-à-dire l'oubli, c'est-à-dire le repos, c'est-à-dire l'absence de la vie et par conséquent de la douleur.»