—Vous en êtes sûr? demanda Albert.
—Parfaitement sûr; monsieur a commandé ses chevaux pour huit heures précises.
—Fort bien, répliqua Albert; voilà tout ce que je voulais savoir.»
Puis, se retournant vers Beauchamp:
«Si vous avez quelque chose à faire, Beauchamp, faites-le tout de suite; si vous avez rendez-vous ce soir, remettez-le à demain. Vous comprenez que je compte sur vous pour aller à l'Opéra. Si vous le pouvez, amenez-moi Château-Renaud.»
Beauchamp profita de la permission et quitta Albert après lui avoir promis de le venir prendre à huit heures moins un quart.
Rentré chez lui, Albert prévint Franz, Debray et Morrel du désir qu'il avait de les voir le soir même à l'Opéra.
Puis il alla visiter sa mère, qui, depuis les événements de la veille, avait fait défendre sa porte et gardait la chambre. Il la trouva au lit, écrasée par la douleur de cette humiliation publique.
La vue d'Albert produisit sur Mercédès l'effet qu'on en pouvait attendre; elle serra la main de son fils et éclata en sanglots. Cependant ces larmes la soulagèrent.
Albert demeura un instant debout et muet près du visage de sa mère. On voyait à sa mine pâle et à ses sourcils froncés que sa résolution de vengeance s'émoussait de plus en plus dans son cœur.