—Oh! Valentine, il demande si je l'aime! Valentine, dis-lui donc si tu aimes Maximilien!»
Le comte sentit sa poitrine s'élargir et son cœur se dilater; il ouvrit ses bras, Haydée s'y élança en jetant un cri.
«Oh! oui, je t'aime! dit-elle, je t'aime comme on aime son père, son frère, son mari! Je t'aime comme on aime sa vie, comme on aime son Dieu, car tu es pour moi le plus beau, le meilleur et le plus grand des êtres créés!
—Qu'il soit donc fait ainsi que tu le veux, mon ange chéri! dit le comte; Dieu, qui m'a suscité contre mes ennemis et qui m'a fait vainqueur, Dieu je le vois bien, ne veut pas mettre ce repentir au bout de ma victoire; je voulais me punir, Dieu veut me pardonner. Aime-moi donc, Haydée! Qui sait? ton amour me fera peut-être oublier ce qu'il faut que j'oublie.
—Mais que dis-tu donc là, mon seigneur? demanda la jeune fille.
—Je dis qu'un mot de toi, Haydée, m'a plus éclairé que vingt ans de ma lente sagesse; je n'ai plus que toi au monde, Haydée; par toi je me rattache à la vie, par toi je puis souffrir, par toi je puis être heureux.
—L'entends-tu, Valentine? s'écria Haydée; il dit que par moi il peut souffrir! par moi, qui donnerais ma vie pour lui!»
Le comte se recueillit un instant.
«Ai-je entrevu la vérité? dit-il, ô mon Dieu! n'importe! récompense ou châtiment, j'accepte cette destinée. Viens, Haydée, viens...»
Et jetant son bras autour de la taille de la jeune fille, il serra la main de Valentine et disparut.