Morrel comprit qu'il n'y avait plus rien à dire, et il attendit.

La toile, qui s'était levée à la fin de la scène d'Albert, retomba presque aussitôt. On frappa à la porte.

«Entrez», dit Monte-Cristo sans que sa voix décelât la moindre émotion.

Beauchamp parut.

«Bonsoir, monsieur Beauchamp, dit Monte-Cristo, comme s'il voyait le journaliste pour la première fois de la soirée; asseyez-vous donc.»

Beauchamp salua, entra et s'assit.

«Monsieur, dit-il à Monte-Cristo, j'accompagnais tout à l'heure, comme vous avez pu le voir, M. de Morcerf.

—Ce qui veut dire, reprit Monte-Cristo en riant, que vous venez probablement de dîner ensemble. Je suis heureux de voir, monsieur Beauchamp, que vous êtes plus sobre que lui.

—Monsieur, dit Beauchamp, Albert a eu, j'en conviens, le tort de s'emporter, et je viens pour mon propre compte vous faire des excuses. Maintenant que mes excuses sont faites, les miennes, entendez-vous, monsieur le comte, je viens vous dire que je vous crois trop galant homme pour refuser de me donner quelque explication au sujet de vos relations avec les gens de Janina; puis j'ajouterai deux mots sur cette jeune Grecque.»

Monte-Cristo fit de la lèvre et des yeux un petit geste qui commandait le silence.