Il avait mis dix jours à faire ce voyage.

Chapitre XIX — Ce que d’Artagnan venait faire à Paris

Le lieutenant mit pied à terre devant une boutique de la rue des Lombards, à l’enseigne du Pilon-d’Or. Un homme de bonne mine, portant un tablier blanc et caressant sa moustache grise avec une bonne grosse main, poussa un cri de joie en apercevant le cheval pie.

— Monsieur le chevalier, dit-il; ah! c’est vous!

— Bonjour, Planchet! répondit d’Artagnan en faisant le gros dos pour entrer dans la boutique.

— Vite, quelqu’un, cria Planchet, pour le cheval de M. d’Artagnan, quelqu’un pour sa chambre, quelqu’un pour son souper!

— Merci, Planchet! bonjour, mes enfants, dit d’Artagnan aux garçons empressés.

— Vous permettez que j’expédie ce café, cette mélasse et ces raisins cuits? dit Planchet, ils sont destinés à l’office de M. le surintendant.

— Expédie, expédie.

— C’est l’affaire d’un moment, puis nous souperons.