— Très bien!... Voilà notre affaire, Planchet.

— Mais M. Cromwell est mort, et son contenant maintenant, c’est la tombe.

— Mon cher Planchet, je vois avec plaisir que non seulement tu es devenu mathématicien, mais encore philosophe.

— Monsieur, dans mon commerce d’épicerie, j’utilise beaucoup de papier imprimé; cela m’instruit.

— Bravo! Tu sais donc, en ce cas-là... car tu n’as pas appris les mathématiques et la philosophie sans un peu d’histoire... qu’après ce Cromwell si grand, il en est venu un tout petit.

— Oui; celui-là s’appelait Richard, et il a fait comme vous, monsieur d’Artagnan, il a donné sa démission.

— Bien, très bien! Après le grand, qui est mort; après le petit, qui a donné sa démission, est venu un troisième. Celui-là s’appelle M. Monck; c’est un général fort habile, en ce qu’il ne s’est jamais battu; c’est un diplomate très fort, en ce qu’il ne parle jamais, et qu’avant de dire bonjour à un homme, il médite douze heures, et finit par dire bonsoir; ce qui fait crier au miracle, attendu que cela tombe juste.

— C’est très fort, en effet, dit Planchet; mais je connais, moi, un autre homme politique qui ressemble beaucoup à celui-là.

— M. de Mazarin, n’est-ce pas?

— Lui-même.