— Tu as raison, Planchet; seulement, M. de Mazarin n’aspire pas au trône de France; cela change tout, vois-tu. Eh bien! ce M. Monck, qui a déjà l’Angleterre toute rôtie sur son assiette et qui ouvre déjà la bouche pour l’avaler, ce M. Monck, qui dit aux gens de Charles II et à Charles II lui-même: «Nescio vos...»
— Je ne sais pas l’anglais, dit Planchet.
— Oui, mais moi, je le sais, dit d’Artagnan. Nescio vos signifie: «Je ne vous connais pas.» Ce M. Monck, l’homme important de l’Angleterre elle-même, quand il l’aura engloutie...
— Eh bien? demanda Planchet.
— Eh bien! mon ami, je vais là-bas, et avec mes quarante hommes je l’enlève, je l’emballe, et je l’apporte en France, où deux partis se présentent à mes yeux éblouis.
— Et aux miens! s’écria Planchet, transporté d’enthousiasme. Nous le mettons dans une cage et nous le montrons pour de l’argent.
— Eh bien! Planchet, c’est un troisième parti auquel je n’avais pas songé et que tu viens de trouver, toi.
— Le croyez-vous bon?
— Oui, certainement; mais je crois les miens meilleurs.
— Voyons les vôtres, alors.