— Eh bien? dit Monck.
— Me voici, mon général, dit le pêcheur.
Monck, Athos et le pêcheur quittèrent la tente.
«C’était impossible, pensa Athos. Quelle rêverie avais-je donc été me mettre dans la cervelle!»
— Va devant, suis la chaussée du milieu et allonge les jambes, dit Monck au pêcheur.
Ils n’étaient pas à vingt pas, que la même ombre qui avait paru rentrer dans la tente sortait, rampait jusqu’aux pilotis, et, protégée par cette espèce de parapet posé aux alentours de la chaussée, observait curieusement la marche du général.
Tous trois disparurent dans la brume. Ils marchaient vers Newcastle, dont on apercevait déjà les pierres blanches comme des sépulcres. Après une station de quelques secondes sous le porche, ils pénétrèrent dans l’intérieur. La porte était brisée à coups de hache. Un poste de quatre hommes dormait en sûreté dans un enfoncement, tant on avait la certitude que l’attaque ne pouvait avoir lieu de ce côté.
— Ces hommes ne vous gêneront point? dit Monck à Athos.
— Au contraire, monsieur, ils aideront à rouler les barils, si Votre Honneur le permet.
— Vous avez raison.