— Parfaitement.
— Ce sont deux barils contenant, l’un de la poudre, l’autre des balles; je voudrais faire transporter ces barils dans le petit bourg qui est au bord de la rivière, et que je compte faire occuper demain par deux cents mousquets. Tu comprends que la commission est secrète, car c’est un mouvement qui peut décider du gain de la bataille.
— Oh! mon général, murmura le sergent.
— Bien! Fais donc attacher ces deux barils sur le cheval, et qu’on les escorte, deux hommes et toi, jusqu’à la maison de ce gentilhomme, qui est mon ami; mais tu comprends, que nul ne le sache.
— Je passerais par le marais si je connaissais un chemin, dit le sergent.
— J’en connais un, moi, dit Athos; il n’est pas large, mais il est solide, ayant été fait sur pilotis, et, avec de la précaution, nous arriverons.
— Faites ce que ce cavalier vous ordonnera, dit Monck.
— Oh! oh! les barils sont lourds, dit le sergent, qui essaya d’en soulever un.
— Ils pèsent quatre cents livres chacun, s’ils contiennent ce qu’ils doivent contenir, n’est-ce pas, monsieur?
— À peu près, dit Athos.