Un regard éloquent de d’Artagnan fit voir à Monck que ces deux hommes si braves et si loyaux n’étaient point d’intelligence pour son enlèvement. Il le savait déjà.
— Monsieur, dit-il à d’Artagnan, vous aviez parfaitement raison. Veuillez me laisser causer un moment avec M. le comte de La Fère.
D’Artagnan profita du congé pour aller dire bonjour à Grimaud.
Monck pria Athos de le conduire à la chambre qu’il habitait. Cette chambre était pleine encore de fumée et de débris. Plus de cinquante balles avaient passé par la fenêtre et avaient mutilé les murailles. On y trouva une table, un encrier et tout ce qu’il faut pour écrire. Monck prit une plume et écrivit une seule ligne, signa, plia le papier, cacheta la lettre avec le cachet de son anneau, et remit la missive à Athos, en lui disant:
— Monsieur, portez, s’il vous plaît, cette lettre au roi Charles II, et partez à l’instant même si rien ne vous arrête plus ici.
— Et les barils? dit Athos.
— Les pêcheurs qui m’ont amené vont vous aider à les transporter à bord. Soyez parti s’il se peut dans une heure.
— Oui, général, dit Athos.
— Monsieur d’Artagnan! cria Monck par la fenêtre.
D’Artagnan monta précipitamment.