— Embrassez votre ami et lui dites adieu, monsieur, car il retourne en Hollande.

— En Hollande! s’écria d’Artagnan, et moi?

— Vous êtes libre de le suivre, monsieur; mais je vous supplie de rester, dit Monck. Me refusez-vous?

— Oh! non, général, je suis à vos ordres.

D’Artagnan embrassa Athos et n’eut que le temps de lui dire adieu.

Monck les observait tous deux. Puis il surveilla lui-même les apprêts du départ, le transport des barils à bord, l’embarquement d’Athos, et prenant par le bras d’Artagnan tout ébahi, tout ému, il l’emmena vers Newcastle. Tout en allant au bras de Monck, d’Artagnan murmurait tout bas:

— Allons, allons, voilà, ce me semble, les actions de la maison Planchet et Cie. qui remontent.

Chapitre XXXI — Monck se dessine

D’Artagnan, bien qu’il se flattât d’un meilleur succès, n’avait pourtant pas très bien compris la situation. C’était pour lui un grave sujet de méditation que ce voyage d’Athos en Angleterre; cette ligue du roi avec Athos et cet étrange enlacement de son dessein avec celui du comte de La Fère.

Le meilleur était de se laisser aller. Une imprudence avait été commise, et, tout en ayant réussi comme il l’avait promis, d’Artagnan se trouvait n’avoir aucun des avantages de la réussite. Puisque tout était perdu, on ne risquait plus rien.