— Parce que je ne suis ni envoyé, ni ambassadeur, ni représentant du roi de France, et qu’il ne me convient pas de me montrer ainsi près d’un autre roi que Dieu ne m’a pas donné pour maître.
— Mordioux! vous vous montriez bien près du roi son père.
— C’est autre chose, ami: celui-là allait mourir.
— Et cependant ce que vous avez fait pour celui-ci...
— Je l’ai fait parce que je devais le faire. Mais, vous le savez, je déplore toute ostentation. Que le roi Charles II, qui n’a plus besoin de moi, me laisse donc maintenant dans mon repos et dans mon ombre, c’est tout ce que je réclame de lui.
D’Artagnan soupira.
— Qu’avez-vous? lui dit Athos, on dirait que cet heureux retour du roi à Londres vous attriste, mon ami, vous qui cependant avez fait au moins autant que moi pour Sa Majesté.
— N’est-ce pas, répondit d’Artagnan en riant de son rire gascon, que j’ai fait aussi beaucoup pour Sa Majesté, sans que l’on s’en doute?
— Oh! oui, s’écria Athos; et le roi le sait bien, mon ami.
— Il le sait, fit amèrement le mousquetaire; par ma foi! je ne m’en doutais pas, et je tâchais même en ce moment de l’oublier.