— Vous avez encore quelque chose à dire, Parry? répondit lady Henriette souriant à d’Artagnan, tout en adressant la parole au vieux serviteur.

— Oui, madame, le roi désire que Votre Altesse garde religieusement dans sa mémoire le nom et se souvienne du mérite de M. d’Artagnan, à qui Sa Majesté doit, dit-elle, d’avoir recouvré son royaume.

Buckingham, la princesse et Rochester se regardèrent étonnés.

— Cela, dit d’Artagnan, est un autre petit secret dont, selon toute probabilité, je ne me vanterai pas au fils de Sa Majesté le roi Charles II, comme j’ai fait à vous à l’endroit des ferrets de diamant.

— Madame, dit Buckingham, Monsieur vient, pour la seconde fois, de rappeler à ma mémoire un événement qui excite tellement ma curiosité, que j’oserai vous demander la permission de l’écarter un instant de vous, pour l’entretenir en particulier.

— Faites, milord, dit la princesse, mais rendez bien vite à la sœur cet ami si dévoué au frère.

Et elle reprit le bras de Rochester, pendant que Buckingham prenait celui de d’Artagnan.

— Oh! racontez-moi donc, chevalier, dit Buckingham, toute cette affaire des diamants, que nul ne sait en Angleterre, pas même le fils de celui qui en fut le héros.

— Milord, une seule personne avait le droit de raconter toute cette affaire, comme vous dites, c’était votre père; il a jugé à propos de se taire, je vous demanderai la permission de l’imiter.

Et d’Artagnan s’inclina en homme sur lequel il est évident qu’aucune instance n’aura de prise.