— Non pas, monsieur, reprit Monck avec un fin sourire, non pas, c’est moi qui serai le vôtre.

Et serrant la main du mousquetaire:

— Je vais faire dresser l’acte de donation, dit-il.

Et il sortit.

D’Artagnan le regarda s’éloigner et demeura pensif et même ému.

— Enfin, dit-il, voilà pourtant un brave homme. Il est triste de sentir seulement que c’est par peur de moi et non par affection qu’il agit ainsi. Eh bien! je veux que l’affection lui vienne.

Puis, après un instant de réflexion plus profonde:

— Bah! dit-il, à quoi bon? C’est un Anglais!

Et il sortit, à son tour, un peu étourdi de ce combat.

— Ainsi, dit-il, me voilà propriétaire. Mais comment diable partager le cottage avec Planchet? À moins que je ne lui donne les terres et que je ne prenne le château, ou bien que ce ne soit lui qui ne prenne le château, et moi... Fi donc! M. Monck ne souffrirait point que je partageasse avec un épicier une maison qu’il a habitée! Il est trop fier pour cela! D’ailleurs, pourquoi en parler? Ce n’est point avec l’argent de la société que j’ai acquis cet immeuble; c’est avec ma seule intelligence; il est donc bien à moi. Allons retrouver Athos.