— J’ai su, dit-il enfin, qu’il m’arrivait un message d’Angleterre.
Et il s’assit, congédiant Bernouin et Brienne, qui se préparait, en sa qualité de secrétaire, à tenir la plume.
— De la part de Sa Majesté le roi d’Angleterre, oui, Votre Éminence.
— Vous parlez bien purement le français, monsieur, pour un Anglais, dit gracieusement Mazarin en regardant toujours à travers ses doigts le Saint-Esprit, la Jarretière, la Toison et surtout le visage du messager.
— Je ne suis pas anglais, je suis français, monsieur le cardinal, répondit Athos.
— Voilà qui est particulier, le roi d’Angleterre choisissant des Français pour ses ambassades; c’est d’un excellent augure... Votre nom, monsieur, je vous prie?
— Comte de La Fère, répliqua Athos en saluant plus légèrement que ne l’exigeaient le cérémonial et l’orgueil du ministre tout-puissant.
Mazarin plia les épaules comme pour dire: «Je ne connais pas ce nom-là.» Athos ne sourcilla point.
— Et vous venez, monsieur, continua Mazarin, pour me dire....
— Je venais de la part de Sa Majesté le roi de la Grande-Bretagne annoncer au roi de France...