— J’aime les divisions bien faites.

— J’en suis aise. Il faut que vous sachiez qu’en 1630... hélas! voilà trente et un ans!

— Vous aviez vingt-neuf ans, monseigneur.

— Âge bouillant. Je tranchais du soldat en me jetant à Casal dans les arquebusades, pour montrer que je montais à cheval aussi bien qu’un officier. Il est vrai que j’apportai la paix aux Espagnols et aux Français. Cela rachète un peu mon péché.

— Je ne vois pas le moindre péché à montrer qu’on monte à cheval, dit le théatin, c’est du goût parfait, et cela honore notre robe. En ma qualité de chrétien, j’approuve que vous ayez empêché l’effusion du sang; en ma qualité de religieux, je suis fier de la bravoure qu’un collègue a témoignée.

Mazarin fit un humble salut de la tête.

— Oui, dit-il, mais les suites!

— Quelles suites?

— Eh! ce damné péché d’orgueil a des racines sans fin...Depuis que je m’étais jeté comme cela entre deux armées, que j’avais flairé la poudre et parcouru des lignes de soldats, je regardais un peu en pitié les généraux.

— Ah!