— Mordioux! s’écria d’Artagnan en lui prenant la main, tu as dit cela d’une brave façon, Raoul; c’est de l’Athos tout pur. Eh bien! je pars. N’oublie pas mon dernier mot.

— Sauf un cinquième, dit Raoul.

— Oui, tu es un joli garçon, et je veux que tu ajoutes une chose à cette dernière.

— Parlez!

— C’est que, si vous ne me tirez pas de la Bastille et que j’y meure... Oh! cela s’est vu... et je serais un détestable prisonnier, moi qui fus un homme passable... en ce cas, je donne trois cinquièmes à toi et le quatrième à ton père.

— Chevalier!

— Mordioux! si vous voulez m’en faire dire, des messes, vous êtes libres.

Cela dit, d’Artagnan décrocha son baudrier, ceignit son épée, prit un chapeau dont la plume était fraîche, et tendit la main à Raoul, qui se jeta dans ses bras.

Une fois dans la boutique, il lança un coup d’œil sur les garçons, qui considéraient la scène avec un orgueil mêlé de quelque inquiétude; puis plongeant la main dans une caisse de petits raisins secs de Corinthe, il poussa vers l’officier, qui attendait philosophiquement devant la porte de la boutique.

— Ces traits!... C’est vous, monsieur de Friedisch! s’écria gaiement le mousquetaire. Eh! eh! nous arrêtons donc nos amis?