— Arrêter! firent entre eux les garçons.
— C’est moi, dit le Suisse. Ponchour, monsir d’Artagnan.
— Faut-il vous donner mon épée? Je vous préviens qu’elle est longue et lourde. Laissez-la-moi jusqu’au Louvre; je suis tout bête quand je n’ai pas d’épée par les rues, et vous seriez encore plus bête que moi d’en avoir deux.
— Le roi n’afre bas dit, répliqua le Suisse, cartez tonc votre épée.
— Eh bien! c’est fort gentil de la part du roi. Partons vite.
M. de Friedisch n’était pas causeur, et d’Artagnan avait beaucoup trop à penser pour l’être. De la boutique de Planchet au Louvre, il n’y avait pas loin; on arriva en dix minutes. Il faisait nuit alors. M. de Friedisch voulut entrer par le guichet.
— Non, dit d’Artagnan, vous perdrez du temps par là: prenez le petit escalier.
Le Suisse fit ce que lui recommandait d’Artagnan et le conduisit au vestibule du cabinet de Louis XIV. Arrivé là, il salua son prisonnier, et, sans rien dire, retourna à son poste.
D’Artagnan n’avait pas eu le temps de se demander pourquoi on ne lui ôtait pas son épée, que la porte du cabinet s’ouvrit et qu’un valet de chambre appela:
— Monsieur d’Artagnan!