D’Artagnan dressa l’oreille.
— Un moment, monsieur, dit négligemment Louis au Gascon; il faut que j’expédie à Londres le consentement au mariage de mon frère, M. le duc d’Orléans, avec lady Henriette Stuart.
— Il me bat, ce me semble, murmura d’Artagnan, tandis que le roi signait cette lettre et congédiait M. de Lyonne; mais, ma foi, je l’avoue, plus je serai battu, plus je serai content.
Le roi suivit des yeux M. de Lyonne jusqu’à ce que la porte fût bien refermée derrière lui; il fit même trois pas, comme s’il eût voulu suivre son ministre. Mais, après ces trois pas, s’arrêtant, faisant une pause et revenant sur le mousquetaire;
— Maintenant, monsieur, dit-il; hâtons-nous de terminer. Vous me disiez l’autre jour à Blois que vous n’étiez pas riche?
— Je le suis à présent, Sire.
— Oui, mais cela ne me regarde pas; vous avez votre argent, non le mien; ce n’est pas mon compte.
— Je n’entends pas très bien ce que dit Votre Majesté.
— Alors, au lieu de vous laisser tirer les paroles, parlez spontanément. Aurez-vous assez de vingt mille livres par an, argent fixe?
— Mais, Sire... dit d’Artagnan ouvrant de grands yeux.