— Et ce papier? dit Fouquet en se troublant quelque peu.
— Le voilà, monsieur; lisez, dit la marquise.
Fouquet lut: «Noms des traitants à faire condamner par la Chambre de justice: d’Eymeris, ami de M. F. ...; Lyodot, ami de M. F. ...; de Vanin, indif.»
— D’Emerys! Lyodot! s’écria Fouquet en relisant.
— Amis de M. F., indiqua du doigt la marquise.
— Mais que veulent dire ces mots: «À faire condamner par la Chambre de justice»?
— Dame! fit la marquise, c’est clair, ce me semble. D’ailleurs, vous n’êtes pas au bout. Lisez, lisez.
Fouquet continua: «Les deux premiers, à mort, le troisième à renvoyer, avec MM. d’Hautemont et de La Valette, dont les biens seront seulement confisqués.»
— Grand Dieu! s’écria Fouquet, à mort, à mort, Lyodot et d’Eymeris! Mais, quand même la Chambre de justice les condamnerait à mort, le roi ne ratifiera pas leur condamnation, et l’on n’exécute pas sans la signature du roi.
— Le roi a fait M. Colbert intendant.