— Oh! vous, vous n’êtes qu’un noble cœur. Gardez-vous! gardez-vous!

— Ainsi?

— J’ai fait ce que je devais faire, mon ami, au risque de me perdre de réputation. Adieu!

— Non pas adieu, au revoir!

— Peut-être, dit la marquise.

Et, donnant sa main à baiser à Fouquet, elle s’avança si résolument vers la porte que Fouquet n’osa lui barrer le passage. Quant à Fouquet, il reprit, la tête inclinée et avec un nuage au front, la route de ce souterrain le long duquel couraient les fils de métal qui communiquaient d’une maison à l’autre, transmettant, au revers des deux glaces, les désirs et les appels des deux correspondants.

Chapitre LV — L’abbé Fouquet

Fouquet se hâta de repasser chez lui par le souterrain et de faire jouer le ressort du miroir. À peine fut-il dans son cabinet, qu’il entendit heurter à la porte; en même temps une voix bien connue criait:

— Ouvrez, monseigneur, je vous prie, ouvrez.

Fouquet, par un mouvement rapide, rendit un peu d’ordre à tout ce qui pouvait déceler son agitation et son absence; il éparpilla les papiers sur le bureau, prit une plume dans sa main, et à travers la porte, pour gagner du temps: