La Fontaine se cramponna aussitôt et récita son vers.
L’abbé, qui ne savait pas le latin, balançait la tête en cadence, à chaque mouvement de roulis que La Fontaine imprimait à son corps, selon les ondulations des dactyles ou des spondées. Pendant ce temps, derrière les bassins de confiture, Fouquet racontait l’événement à M. de Chanost, son gendre.
— Il faut envoyer les inutiles au feu d’artifice, dit Pellisson à Gourville, tandis que nous causerons ici.
— Soit, répliqua Gourville, qui dit quatre mots à Vatel.
Alors on vit ce dernier emmener vers les jardins la majeure partie des muguets, des dames et des babillards, tandis que les hommes se promenaient dans la galerie, éclairée de trois cents bougies de cire, au vu de tous les amateurs du feu d’artifice, occupés à courir le jardin.
Gourville s’approcha de Fouquet. Alors, il lui dit:
— Monsieur, nous sommes tous ici.
— Tous? dit Fouquet.
— Oui, comptez.
Le surintendant se retourna et compta. Il y avait huit personnes.