— Je te conduis chez le dieu Plutus, dit d’Artagnan au jeune homme; prépare-toi; toute la journée tu verras empiler des écus. Suis-je changé, mon Dieu!

— Oh! oh! voilà bien du monde dans la rue, dit Raoul.

— Est-ce procession, aujourd’hui? demanda d’Artagnan à un flâneur.

— Monsieur, c’est pendaison, répliqua le passant.

— Comment! pendaison, fit d’Artagnan, en Grève?

— Oui, monsieur.

— Diable soit du maraud qui se fait pendre le jour où j’ai besoin d’aller toucher mon terme de loyer! s’écria d’Artagnan. Raoul, as-tu vu pendre?

— Jamais, monsieur... Dieu merci!

— Voilà bien la jeunesse... Si tu étais de garde à la tranchée, comme je le fus, et qu’un espion... Mais, vois-tu, pardonne, Raoul, je radote... Tu as raison, c’est hideux de voir pendre... À quelle heure pendra-t-on, monsieur, s’il vous plaît?

— Monsieur, reprit le flâneur avec déférence, charmé qu’il était de lier conversation avec deux hommes d’épée, ce doit être pour trois heures.