— Au capitaine! au capitaine! crient-ils tous à leur tour.
Et la foule s’ouvre devant eux comme devant la proue d’un vaisseau. En ce moment d’Artagnan et Menneville se trouvèrent face à face.
— Passage! passage! s’écrie Menneville en voyant qu’il n’a plus que le bras à étendre pour toucher la porte.
— On ne passe pas! dit d’Artagnan.
— Tiens, dit Menneville en lâchant son coup de pistolet presque à bout portant.
Mais avant que le rouet ait tourné, d’Artagnan a relevé le bras de Menneville avec la poignée de son épée et lui a passé la lame au travers du corps.
— Je t’avais bien dit de te tenir tranquille, dit d’Artagnan à Menneville qui roula à ses pieds.
— Passage! passage! crient les compagnons de Menneville épouvantés d’abord, mais qui se rassurent bientôt en s’apercevant qu’ils n’ont affaire qu’à deux hommes.
Mais ces deux hommes sont deux géants à cent bras, l’épée voltige entre leurs mains comme le glaive flamboyant de l’archange. Elle troue avec la pointe, frappe de revers, frappe de taille. Chaque coup renverse son homme.
— Pour le roi! crie d’Artagnan à chaque homme qu’il frappe, c’est-à-dire à chaque homme qui tombe.