Porthos conduisit d’Artagnan vers la pierre qui lui servait de table et sur laquelle le plan était étendu.

Au bas du plan était écrit, de cette formidable écriture de Porthos, écriture dont nous avons eu déjà l’occasion de parler: «Au lieu de vous servir du carré ou du rectangle, ainsi qu’on le faisait jusqu’aujourd’hui, vous supposerez votre place enfermée dans un hexagone régulier. Ce polygone ayant l’avantage d’offrir plus d’angles que le quadrilatère. Chaque côté de votre hexagone, dont vous déterminerez la longueur en raison des dimensions prises sur la place, sera divisé en deux parties, et sur le point milieu vous élèverez une perpendiculaire vers le centre du polygone, laquelle égalera en longueur la sixième partie du côté. Par les extrémités, de chaque côté du polygone, vous tracerez deux diagonales et qui iront couper la perpendiculaire. Ces deux droites formeront les lignes de défense.»

— Diable! dit d’Artagnan s’arrêtant à ce point de la démonstration; mais c’est un système complet, cela, Porthos?

— Tout entier, fit Porthos. Voulez-vous continuer?

— Non pas, j’en ai lu assez; mais puisque c’est vous, mon cher Porthos, qui dirigez les travaux, qu’avez-vous besoin d’établir ainsi votre système par écrit?

— Oh! mon cher, la mort!

— Comment, la mort?

— Eh oui! nous sommes tous mortels.

— C’est vrai, dit d’Artagnan; vous avez réponse à tout, mon ami.

Et il reposa le plan sur la pierre.