— Précisément. Merci, la langue me fourchait... il fait si chaud.
— Mon ami, fit d’Artagnan, continuez, je vous prie, votre intéressante démonstration. Qu’est-ce que ce grand bâtiment blanc percé de fenêtres?
— Ah! celui-là, c’est le collège des jésuites. Pardieu! vous avez la main heureuse. Voyez-vous près du collège une grande maison à clochetons à tourelles, et d’un beau style gothique, comme dit cette brute de M. Gétard?
— Oui, je la vois. Eh bien?
— Eh bien! c’est là que loge Aramis.
— Quoi! il ne loge pas à l’évêché?
— Non; l’évêché est en ruines. L’évêché, d’ailleurs, est dans la ville, et Aramis préfère le faubourg. Voilà pourquoi, vous dis-je, il affectionne Saint-Paterne, parce que Saint-Paterne est dans le faubourg. Et puis il y a dans ce même faubourg un mail, un jeu de paume et une maison de dominicains. Tenez, celle-là qui élève jusqu’au ciel ce beau clocher.
— Très bien.
— Ensuite, voyez-vous, le faubourg est comme une ville à part; il a ses murailles, ses tours, ses fossés; le quai même y aboutit, et les bateaux abordent au quai. Si notre petit corsaire ne tirait pas huit pieds d’eau, nous serions arrivés à pleines voiles jusque sous les fenêtres d’Aramis.
— Porthos, Porthos, mon ami, s’écria d’Artagnan, vous êtes un puits de science, une source de réflexions ingénieuses et profondes. Porthos, vous ne me surprenez plus, vous me confondez.