— Eh bien! dit le comte, qu’en pensez-vous, monsieur de Malicorne?

— Monsieur le comte, fit Malicorne, ce cheval est de race mecklembourgeoise. En regardant si le mors reposait bien sur les branches, j’ai vu qu’il prenait sept ans. C’est l’âge auquel il faut préparer le cheval de guerre. L’avant-main est léger. Cheval à tête plate, dit-on, ne fatigue jamais la main du cavalier. Le garrot est un peu bas. L’avalement de la croupe me ferait douter de la pureté de la race allemande. Il doit avoir du sang anglais. L’animal est droit sur ses aplombs, mais il chasse au trot; il doit se couper. Attention à la ferrure. Il est, au reste, maniable. Dans les voltes et les changements de pied je lui ai trouvé les aides fines.

— Bien jugé, monsieur de Malicorne, fit le comte. Vous êtes connaisseur.

Puis, se retournant vers le nouvel arrivé:

— Vous avez là un habit charmant, dit de Guiche à Malicorne. Il ne vient pas de province, je présume; on ne taille pas dans ce goût-là à Tours ou à Orléans.

— Non, monsieur le comte, cet habit vient en effet de Paris.

— Oui, cela se voit… Mais retournons à notre affaire… Manicamp veut donc faire une seconde fille d’honneur?

— Vous voyez ce qu’il vous écrit, monsieur le comte.

— Qui était la première déjà?

Malicorne sentit le rouge lui monter au visage.