Malicorne salua à son tour.

— Voyons, de Wardes, continua de Guiche, dites-nous cela, vous qui êtes à l’affût de ces sortes de choses: quelles charges y a-t-il encore à donner à la cour, ou plutôt dans la maison de Monsieur?

— Dans la maison de Monsieur? dit de Wardes en levant les yeux en l’air pour chercher. Attendez donc… celle de grand écuyer, je crois.

— Oh! s’écria Malicorne, ne parlons point de pareils postes, monsieur; mon ambition ne va pas au quart du chemin.

De Wardes avait le coup d’œil plus défiant que de Guiche, il devina tout de suite Malicorne.

— Le fait est, dit-il en le toisant, que, pour occuper cette charge, il faut être duc et pair.

— Tout ce que je demande, moi, dit Malicorne, c’est une charge très humble; je suis peu et ne m’estime point au-dessus de ce que je suis.

— Monsieur Malicorne, que vous voyez, dit de Guiche à de Wardes, est un charmant garçon qui n’a d’autre malheur que de ne pas être gentilhomme. Mais, vous le savez, moi, je fais peu de cas de l’homme qui n’est que gentilhomme.

— D’accord, dit de Wardes; mais seulement je vous ferai observer, mon cher comte, que, sans qualité, on ne peut raisonnablement espérer d’entrer chez Monsieur.

— C’est vrai, dit le comte, l’étiquette est formelle. Diable! diable! nous n’avions pas pensé à cela.