— Bragelonne! Bragelonne! murmura de Guiche.

— Monsieur de Wardes! s’écria Manicamp voyant le jeune homme pousser son cheval du côté de Raoul.

— Messieurs! Messieurs! dit de Guiche, ne donnez pas un pareil exemple en public, dans la rue. De Wardes, vous avez tort.

— Tort! en quoi? Je vous le demande.

— Tort en ce que vous dites toujours du mal de quelque chose ou de quelqu’un, répliqua Raoul avec son implacable sang-froid.

— De l’indulgence, Raoul, fit tout bas de Guiche.

— Et ne vous battez pas avant de vous être reposés; vous ne feriez rien qui vaille, dit Manicamp.

— Allons! allons! dit de Guiche, en avant, messieurs, en avant!

Et là-dessus, écartant les chevaux et les pages, il se fit une route jusqu’à la place au milieu de la foule, attirant après lui tout le cortège des Français. Une grande porte donnant sur une cour était ouverte; de Guiche entra dans cette cour; Bragelonne, de Wardes, Manicamp et trois ou quatre autres gentilshommes l’y suivirent.

Là se tint une espèce de conseil de guerre; on délibéra sur le moyen qu’il fallait employer pour sauver la dignité de l’ambassade. Bragelonne conclut pour que l’on respectât le droit de priorité.