— Alors, dit Buckingham, c’est autre chose.

— N’est-ce pas? dit de Wardes. C’est donc aux amis de M. d’Artagnan de le défendre.

— Je suis tout à fait de votre avis, monsieur, répondit l’Anglais, qui avait retrouvé tout son flegme; pour M. de Bragelonne offensé, je ne pouvais, raisonnablement, prendre le parti de M. de Bragelonne, puisqu’il est là; mais dès qu’il est question de M. d’Artagnan…

— Vous me laissez la place, n’est-ce pas, monsieur? dit de Wardes.

— Non pas, au contraire, je dégaine, dit Buckingham en tirant son épée du fourreau, car si M. d’Artagnan a offensé monsieur votre père, il a rendu ou, du moins, il a tenté de rendre un grand service au mien.

De Wardes fit un mouvement de stupeur.

— M. d’Artagnan, poursuivit Buckingham, est le plus galant gentilhomme que je connaisse. Je serai donc enchanté, lui ayant des obligations personnelles, de vous les payer, à vous, d’un coup d’épée.

Et, en même temps, Buckingham tira gracieusement son épée, salua Raoul et se mit en garde.

De Wardes fit un pas pour croiser le fer.

— Là! là! messieurs, dit Raoul en s’avançant et en posant à son tour son épée nue entre les combattants, tout cela ne vaut pas la peine qu’on s’égorge presque aux yeux de la princesse. M. de Wardes dit du mal de M. d’Artagnan, mais il ne connaît même pas M. d’Artagnan.