On observa enfin que Monsieur observait tout le monde et paraissait assez mécontent.

Après la réception des princes et des ambassadeurs, Monsieur demanda au roi la permission de lui présenter, ainsi qu’à Madame, les personnes de sa maison nouvelle.

— Savez-vous, vicomte, demanda tout bas M. le prince à Raoul, si la maison a été formée par une personne de goût, et si nous aurons quelques visages assez propres?

— Je l’ignore absolument, monseigneur, répondit Raoul.

— Oh! vous jouez l’ignorance.

— Comment cela, monseigneur?

— Vous êtes l’ami de de Guiche, qui est des amis du prince.

— C’est vrai, monseigneur: mais la chose ne m’intéressant point, je n’ai fait aucune question à de Guiche, et, de son côté, de Guiche, n’étant point interrogé, ne s’est point ouvert à moi.

— Mais Manicamp?

— J’ai vu, il est vrai, M. de Manicamp au Havre et sur la route, mais j’ai eu soin d’être aussi peu questionneur vis-à-vis de lui que je l’avais été vis-à-vis de de Guiche. D’ailleurs, M. de Manicamp sait-il quelque chose de tout cela, lui qui n’est qu’un personnage secondaire?