— Comme vous êtes sérieux, monsieur Raoul! dit Louise tout inquiète.
— C’est que la circonstance est sérieuse, mademoiselle. M’écoutez-vous?
— Je vous écoute; seulement, monsieur, je vous le répète, nous sommes bien seuls.
— Vous avez raison, dit Raoul.
Et, lui offrant la main, il conduisit la jeune fille dans la galerie voisine de la salle de réception, et dont les fenêtres donnaient sur la place.
Tout le monde se pressait à la fenêtre du milieu, qui avait un balcon extérieur d’où l’on pouvait voir dans tous leurs détails les lents préparatifs du départ.
Raoul ouvrit une des fenêtres latérales, et là, seul avec Mlle de La Vallière:
— Louise, dit-il, vous savez que, dès mon enfance, je vous ai chérie comme une sœur et que vous avez été la confidente de tous mes chagrins, la dépositaire de toutes mes espérances.
— Oui, répondit-elle bien bas, oui, monsieur Raoul, je sais cela.
— Vous aviez l’habitude, de votre côté, de me témoigner la même amitié, la même confiance; pourquoi, en cette rencontre, n’avez-vous pas été mon amie? pourquoi vous êtes-vous défiée de moi? La Vallière ne répondit point.