Porthos rendit la main, piqua des deux, et l’animal furieux partit au galop sur la terre.
Tant qu’il put voir Porthos dans la nuit, Aramis le suivit des yeux; puis, lorsqu’il l’eut perdu de vue, il rentra dans la cour. Rien n’avait bougé chez d’Artagnan.
Le valet mis en faction auprès de sa porte n’avait vu aucune lumière, n’avait entendu aucun bruit.
Aramis referma la porte avec soin, envoya le laquais se coucher, et lui même se mit au lit.
D’Artagnan ne se doutait réellement de rien; aussi crut-il avoir tout gagné, lorsque le matin il s’éveilla vers quatre heures et demie. Il courut tout en chemise regarder par la fenêtre: la fenêtre donnait sur la cour. Le jour se levait.
La cour était déserte, les poules elles-mêmes n’avaient pas encore quitté leurs perchoirs.
Pas un valet n’apparaissait.
Toutes les portes étaient fermées.
«Bon! calme parfait, se dit d’Artagnan. N’importe, me voici réveillé le premier de toute la maison. Habillons-nous; ce sera autant de fait.»
Et d’Artagnan s’habilla.