— On m’a nommé, je crois.
Ils se retournèrent: c’était d’Artagnan qui l’œil souriant et la bouche en cœur, venait de poser sa main sur l’épaule de de Wardes. Raoul s’écarta d’un pas pour faire place au mousquetaire. De Wardes frissonna par tout le corps, pâlit, mais ne bougea point.
D’Artagnan, toujours avec son sourire, prit la place que Raoul lui abandonnait.
— Merci, mon cher Raoul, dit-il. Monsieur de Wardes, j’ai à causer avec vous. Ne vous éloignez pas, Raoul; tout le monde peut entendre ce que j’ai à dire à M. de Wardes.
Puis son sourire s’effaça, et son regard devint froid et aigu comme une lame d’acier.
— Je suis à vos ordres, monsieur, dit de Wardes.
— Monsieur, reprit d’Artagnan, depuis longtemps je cherchais l’occasion de causer avec vous; aujourd’hui seulement, je l’ai trouvée. Quant au lieu, il est mal choisi, j’en conviens; mais si vous voulez vous donner la peine de venir jusque chez moi, mon chez-moi est justement dans l’escalier qui aboutit à la galerie.
— Je vous suis, monsieur, dit de Wardes.
— Est-ce que vous êtes seul ici, monsieur? fit d’Artagnan.
— Non pas, j’ai MM. Manicamp et de Guiche, deux de mes amis.