— Sage retraite! disait de Wardes.

— Pourquoi cela?

— Parce qu’il économise un coup d’épée au cher duc.

Et tous se mirent à rire.

Raoul, indigné, se retourna, le sourcil froncé, le sang aux tempes, la bouche dédaigneuse.

Le chevalier de Lorraine pivota sur ses talons; de Wardes demeura ferme et attendit.

— Monsieur, dit Raoul à de Wardes, vous ne vous déshabituerez donc pas d’insulter les absents? Hier, c’était M. d’Artagnan; aujourd’hui, c’est M. de Buckingham.

— Monsieur, monsieur, dit de Wardes, vous savez bien que parfois aussi j’insulte ceux qui sont là.

De Wardes touchait Raoul, leurs épaules s’appuyaient l’une à l’autre, leurs visages se penchaient l’un vers l’autre comme pour s’embraser réciproquement du feu de leur souffle et de leur colère. On sentait que l’un était au sommet de sa haine, l’autre au bout de sa patience.

Tout à coup ils entendirent une voix pleine de grâce et de politesse qui disait derrière eux: