Le duc d’Orléans fit un mouvement de tête qui signifiait:

«Puisque c’est une résolution prise, duc, il n’y a rien à dire.»

Buckingham leva les yeux sur les reines; son regard rencontra celui d’Anne d’Autriche, qui le remercia et l’approuva par un geste. Buckingham lui rendit ce geste en cachant sous un sourire le serrement de son cœur.

Monsieur s’éloigna par où il était venu. Mais en même temps, du côté opposé, s’avançait de Guiche. Raoul craignit que l’impatient jeune homme ne vînt faire la proposition lui même, et se jeta au-devant de lui.

— Non, non, Raoul, tout est inutile maintenant, dit de Guiche en tendant ses deux mains au duc et en l’entraînant derrière une colonne… Oh! duc, duc! dit de Guiche, pardonnez-moi ce que je vous ai écrit; j’étais un fou! Rendez-moi ma lettre!

— C’est vrai, répliqua le jeune duc avec un sourire mélancolique, vous ne pouvez plus m’en vouloir.

— Oh! duc, duc, excusez-moi!… Mon amitié, mon amitié éternelle…

— Pourquoi, en effet, m’en voudriez-vous, comte, du moment où je la quitte, du moment où je ne la verrai plus?

Raoul entendit ces mots, et, comprenant que sa présence était désormais inutile entre ces deux jeunes gens qui n’avaient plus que des paroles amies, il recula de quelques pas.

Ce mouvement le rapprocha de de Wardes. De Wardes parlait du départ de Buckingham. Son interlocuteur était le chevalier de Lorraine.