— Monsieur, dit-il, je vous fais les excuses que m’a dictées tout à l’heure M. d’Artagnan, et que force m’est de vous faire.
— Un instant, un instant, monsieur, dit le mousquetaire avec la plus grande tranquillité; vous vous trompez sur les termes. Je n’ai pas dit: «Et que force m’est de vous faire.» J’ai dit: «Et que ma conscience me porte à vous faire.» Ce mot vaut mieux que l’autre, croyez-moi; il vaudra d’autant mieux qu’il sera l’expression plus vraie de vos sentiments.
— J’y souscris donc, dit de Wardes; mais, en vérité messieurs, avouez qu’un coup d’épée au travers du corps, comme on se le donnait autrefois, valait mieux qu’une pareille tyrannie.
— Non, monsieur, répondit Buckingham, car le coup d’épée ne signifie pas, si vous le recevez, que vous avez tort ou raison; il signifie seulement que vous êtes plus ou moins adroit.
— Monsieur! s’écria de Wardes.
— Ah! vous allez dire quelque mauvaise chose, interrompit d’Artagnan coupant la parole à de Wardes, et je vous rends service en vous arrêtant là.
— Est-ce tout, monsieur? demanda de Wardes.
— Absolument tout, répondit d’Artagnan, et ces messieurs et moi sommes satisfaits de vous.
— Croyez-moi, monsieur, répondit de Wardes, vos conciliations ne sont pas heureuses!
— Et pourquoi cela?