Aramis expliqua avec sa politesse habituelle que la cause qui l’amenait était le désir de parler à M. Baisemeaux de Montlezun.

Le premier factionnaire appela un second factionnaire placé dans une cage intérieure.

Celui-ci mit la tête à son guichet et regarda fort attentivement le nouveau venu.

Aramis réitéra l’expression de son désir.

Le factionnaire appela aussitôt un bas officier qui se promenait dans une cour assez spacieuse, lequel, apprenant ce dont il s’agissait, courut chercher un officier de l’état-major du gouverneur.

Ce dernier, après avoir écouté la demande d’Aramis, le pria d’attendre un moment, fit quelques pas et revint pour lui demander son nom.

— Je ne puis vous le dire, monsieur, dit Aramis; seulement sachez que j’ai des choses d’une telle importance à communiquer à M. le gouverneur, que je puis répondre d’avance d’une chose, c’est que M. de Baisemeaux sera enchanté de me voir. Il y a plus, c’est que, lorsque vous lui aurez dit que c’est la personne qu’il attend au 1er juin, je suis convaincu qu’il accourra lui-même.

L’officier ne pouvait faire entrer dans sa pensée qu’un homme aussi important que M. le gouverneur se dérangeât pour un autre homme aussi peu important que paraissait l’être ce petit bourgeois à cheval.

— Justement, monsieur, cela tombe à merveille. M. le gouverneur se préparait à sortir, et vous voyez son carrosse attelé dans la cour du Gouvernement; il n’aura donc pas besoin de venir au-devant de vous, mais il vous verra en passant.

Aramis fit de la tête un signe d’assentiment: il ne voulait pas donner de lui-même une trop haute idée; il attendit donc patiemment et en silence, penché sur les arçons de son cheval.