La marquise vit avec tristesse, encore plus qu’avec indignation, que le roi trempât dans un complot qui décelait la duplicité de Louis XIII déjà vieux, et l’avarice de Mazarin lorsqu’il n’avait pas encore eu le temps de se gorger de l’or français. Mais bientôt l’esprit de cette courageuse femme reprit toute son énergie et cessa de s’arrêter aux spéculations rétrogrades de la compassion.
La marquise n’était point de ceux qui pleurent quand il faut agir et qui s’amusent à plaindre un malheur qu’ils ont moyen de soulager.
Elle appuya, pendant dix minutes à peu près, son front dans ses mains glacées; puis, relevant le front, elle sonna ses femmes d’une main ferme et avec un geste plein d’énergie.
Sa résolution était prise.
— A-t-on tout préparé pour mon départ? demanda-t-elle à une de ses femmes qui entrait.
— Oui, madame; mais on ne comptait pas que Madame la marquise dût partir pour Bellière avant trois jours.
— Cependant tout ce qui est parures et valeurs est en caisse?
— Oui, madame; mais nous avons l’habitude de laisser tout cela à Paris; Madame, ordinairement, n’emporte pas ses pierreries à la campagne.
— Et tout cela est rangé, dites-vous?
— Dans le cabinet de Madame.