On peut dire qu’ils marchaient majestueusement.

La majesté exclut le mouvement.

La marquise s’arrêta devant une porte bien connue, quoiqu’elle ne l’eût vue qu’une fois, on se le rappelle, dans une circonstance non moins pénible que celle qui l’amenait cette fois encore.

Elle tira de sa poche une clef, l’introduisit de sa petite main blanche dans la serrure, poussa la porte qui céda sans bruit, et donna l’ordre au commis de monter le coffret au premier étage.

Mais le poids de ce coffret était tel, que le commis fut forcé de se faire aider par le cocher.

Le coffret fut déposé dans ce petit cabinet, antichambre ou plutôt boudoir, attenant au salon où nous avons vu M. Fouquet aux pieds de la marquise.

Mme de Bellière donna un louis au cocher, un sourire charmant au commis, et les congédia tous deux.

Derrière eux, elle referma la porte et attendit ainsi, seule et barricadée. Nul domestique n’apparaissait à l’intérieur.

Mais toute chose était apprêtée comme si un génie invisible eût deviné les besoins et les désirs de l’hôte ou plutôt de l’hôtesse qui était attendue.

Le feu préparé, les bougies aux candélabres, les rafraîchissements sur l’étagère, les livres sur les tables, les fleurs fraîches dans les vases du Japon.