Monsieur, ne sachant plus où porter son ennui, s’en alla en robe de chambre et coiffé chez Madame.

Il y avait là grand cercle de gens qui riaient et chuchotaient à tous les coins: ici un groupe de femmes autour d’un homme et des éclats étouffés; là Manicamp et Malicorne pillés par Montalais, Mlle de Tonnay-Charente et deux autres rieuses.

Plus loin, Madame, assise sur des coussins, et de Guiche éparpillant, à genoux près d’elle, une poignée de perles et de pierres dans lesquelles le doigt fin et blanc de la princesse désignait celles qui lui plaisaient le plus.

Dans un autre coin, un joueur de guitare qui chantonnait des séguedilles espagnoles dont Madame raffolait depuis qu’elle les avait entendu chanter à la jeune reine avec une certaine mélancolie; seulement ce que l’Espagnole avait chanté avec des larmes dans les paupières, l’Anglaise le fredonnait avec un sourire qui laissait voir ses dents de nacre.

Ce cabinet, ainsi habité, présentait la plus riante image du plaisir.

En entrant, Monsieur fut frappé de voir tant de gens qui se divertissaient sans lui. Il en fut tellement jaloux, qu’il ne put s’empêcher de dire comme un enfant:

— Eh quoi! vous vous amusez ici, et moi, je m’ennuie tout seul!

Sa voix fut comme le coup de tonnerre qui interrompt le gazouillement d’oiseaux sous le feuillage; il se fit un grand silence.

De Guiche fut debout en un moment.

Malicorne se fit petit derrière les jupes de Montalais.