Le chevalier sentait l’heure s’écouler et désirait partir; mais il craignait aussi que Raoul, demeuré seul avec de Guiche, ne le décidât à rompre la partie.
Il usa donc de sa dernière ressource.
— Madame sera resplendissante, dit-il; elle essaie aujourd’hui son costume de Pomone.
— Ah! c’est vrai, s’écria le comte.
— Oui, oui, continua le chevalier: elle vient de donner ses ordres en conséquence. Vous savez, monsieur de Bragelonne, que c’est le roi qui fait le Printemps.
— Ce sera admirable, dit de Guiche, et voilà une raison meilleure que toutes celles que vous m’avez données pour rester; c’est que, comme c’est moi qui fais Vertumne et qui danse le pas avec Madame, je ne puis m’en aller sans un ordre du roi, attendu que mon départ désorganiserait le ballet.
— Et moi, dit le chevalier, je fais un simple égypan; il est vrai que je suis mauvais danseur, et que j’ai la jambe mal faite. Messieurs, au revoir. N’oubliez pas la corbeille de fruits que vous devez offrir à Pomone, comte.
— Oh! je n’oublierai rien, soyez tranquille, dit de Guiche transporté.
— Je suis bien sûr qu’il ne partira plus maintenant, murmura en sortant le chevalier de Lorraine.
Raoul, une fois le chevalier parti, n’essaya pas même de dissuader son ami; il sentait que c’est été peine perdue.